Intervention du Représentant à la conférence de chrétiens catholiques et de la diaspora congolaise d'Ottawa

Intervention du Représentant à la conférence de chrétiens catholiques et de la diaspora congolaise d'Ottawa

Intervention du Représentant à la conférence de chrétiens catholiques et de la diaspora congolaise d’Ottawa

Nous devons nous assumer pour induire l’État de droit

 

Marc Kapend

Chers compatriotes,

Depuis fin décembre 2016, la fin légale de la présidence de Kabila et de son régime, notre pays, la RDC est dans un état des sans État. A ce jour, en effet, il n'y a pas une seule institution politique légitime. L'exécutif, le parlement, le Judicaire et toutes les agences qui en dépendent végètent en attendant de nouvelles institutions. Qui doit les mettre en place ?

Ce n'est ni Kabila ni aucune de ces institutions finies et donc illégitimes à moins que la société civile, à qui revient naturellement le pouvoir au terme de tout mandat politiques, en décide autrement.

La société civile, c'est nous  les citoyens et la société civile organisée, c'est nous les associations diverses: CLC, églises diverses, partis divers, syndicats, associations diverses. Tous, nous n'avons pas la même force ni la même capacité de mobilisation, mais informés et déterminés, tous nous pouvons apporter une contribution déterminante à la renaissance de notre pays.

Informés et déterminés, voilà des attitudes qui doivent nous animer et auxquelles le Rassemblement nous a invités hier,  Détermination à laquelle le CLC  nous entraine aujourd'hui. Et nous, le CPC-Canada, avec ce que nous savons, nous sommes préparés pour emboiter le pas. Nous savons que le régime Kabila est fini depuis décembre 2016; qu’il n’y a pas de gouvernement ni d’institutions politiques légitimes. Pourtant bien en face de nous, une force brute que nous rejetons nous intimide.

Elle nous empêche de marcher, de manifester notre colère, d’exprimer nos aspirations, toutes des libertés pourtant garanties par la constitution. Nul ne peut interdire ce que la constitution permet ? Pour nous calmer, on nous  promet les élections en décembre 2018. Prévues par la constitution en décembre 2016, nous ne les avons pas eues. Convenue par un accord politique, la promesse d'élections pour décembre 2017 n’a pas été tenue. En toute logique, rien n'indique que cette nième promesse est la bonne.

A trop attendre, dit un proverbe africain,  mokomboso azanga mokila (le chimpanzé a manqué sa queue). Ils ne sont plus commandants du navire Congo. A les suivre, le navire risque de tanguer jusqu'au naufrage tragique. L'initiative nous revient désormais, à nous, la société civile. Nous devons nous assumer et induire l'État de droit, projeté par Etienne Tshisekedi.

L’État de droit, ce n’est pas juste un slogan. C’est un programme synthèse en opposition à l’état actuel des choses. Il a un contenu juridique, politique et socio-économique.

  • Juridique, il prône la légalité, la primauté du droit, et surtout il emmène l’indépendance de la justice telle que nul n’est au-dessus de la loi.
  • Politique, il applique réellement le principe de la séparation de pouvoir d’Etat de façon qu’un parlement valablement élu adopte et publie les lois,le pouvoir exécutif ou le gouvernement, se charge de l'administration du pays et le pouvoir judiciaire applique les lois et sanctionne les contrevenants. Ces institutions se surveillent, empêchent et ordonnent. Ainsi, on limite l’arbitraire et les abus dans l’exercice des missions souveraines de l’État.
  • Socio-économique, l’État de droit, c’est aussi la reconnaissance des droits des citoyens, dont les principaux sont le droit à la vie et le droit à la propriété. Ces droits protégés par l’État sont à la base de la prospérité personnelle et de la prospérité collective. L’épargne et l’investissement que cette prospérité favorise sont à la base de la création d’emplois et de la croissance économique.

On ne peut égrener les dimensions de l’État de droit sans parler de l’équité qui s’ensuit avec la participation des citoyens. L’équité, c’est cette exigence de partager la richesse du pays de façon juste entre les couches de la population et sur l’ensemble de la nation.

Oui, mes frères et sœurs, Dépassons les divisions, la naïveté, le complexe d’infériorité, de supériorité (deux complexes qui s’entretiennent); mettons-nous ensemble. Informons-nous de plus près de l’évolution des choses au pays et appuyons le mieux que nous pouvons le changement politique devenu urgent et inéluctable en RDC depuis fin décembre 2016. Dans ce contexte d’absence d’État légitime, nous devons donc nous assumer.

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Sylvain Kalombo-Mfunyi

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